L’assainissement collectif

Après usage, l’eau devient une « eau usée », c’est-à-dire une eau non potable riche en matières organiques. Pour pouvoir être rejetées dans le milieu naturel sans provoquer de pollution ni de désordre sanitaire, les eaux usées doivent être préalablement collectées et traitées. C’est ce qu’on appelle l’assainissement.

Cet assainissement peut être de deux types : collectif ou non collectif. On parle d’assainissement collectif quand les eaux usées des foyers rejoignent un réseau public de collecte et sont acheminées vers une station de traitement des eaux usées, où elles sont traitées avant rejet dans le milieu naturel.

Dans tous les autres cas, on parle d’assainissement non collectif. Sous ce terme on regroupe :

  • l’assainissement individuel des habitations non raccordées à un réseau de collecte, qui doivent disposer de leur propre système de traitement des eaux usées ;
  • les stations de traitement et les réseaux de collecte privés, qui peuvent notamment équiper des résidences ou des lotissements.
Les deux types d’assainissement existants (source : ccloise.com)

En moyenne, plus de 4 guadeloupéens sur 10 vivent au sein d’une zone raccordée à un système d’assainissement collectif.

Répartition de la population en fonction du type d’assainissement (sources : SISPEA et Office de l’Eau)

Conformité des stations de traitement des eaux usées

Les stations de traitement des eaux usées sont caractérisées par leur capacité épuratoire, appelée « capacité nominale », qui correspond aux débits et aux charges d’effluents à traiter pour une utilisation maximum de l’installation. Elle est évaluée en équivalent-habitant (EH), qui est une unité de mesure se basant sur la quantité de pollution émise par une personne en un jour.

En Guadeloupe, les stations d’épuration collectives sont réparties sur tout le territoire. Parmi celles-ci, 18 ont une capacité nominale supérieure ou égale à 2 000 EH.

Chaque année, la conformité des principales stations de traitement est examinée par la DEAL, qui assure la police de l’eau en la matière. Les stations sont classées non conformes si elles ne respectent pas la réglementation nationale ou les prescriptions de leur autorisation préfectorale.

La conformité locale globale des stations comprend à la fois :

  • la conformité en équipement, qui permet d’évaluer la conformité des équipements épuratoires des stations au regard des dispositions réglementaires ;
  • la conformité en performance, qui permet d’évaluer les performances épuratoires des stations, à partir des données d’autosurveillance des exploitants et au regard des exigences réglementaires. À noter que l’absence ou l’insuffisance de mesures de surveillance par l’exploitant sont considérées comme une cause de non-conformité.

La carte ci-dessous présente la conformité locale globale des stations de traitement des eaux usées d’une capacité ≥ 2 000 EH à la fin de l’année 2020 :

Situation de conformité locale globale des stations de traitement des eaux usées ≥ 2000 EH au 31 décembre 2020 (source : DEAL)

Pour l’année 2020, 72 % des stations de traitement ≥ 2 000 EH n’étaient pas conformes (ce qui représente 74 % du total des charges entrantes dans l’ensemble de ces stations). Elles étaient 72 % en 2019, 67 % en 2018 et 61 % en 2017.

Autorité OrganisatriceTerritoire2017201820192020
CAGSCBaillifnon conformenon conformenon conformenon conforme
CAGSCBouillantenon conformenon conformenon conformenon conforme
CAGSCCapesterre-Belle-Eaunon conformenon conformenon conformenon conforme
CAGSCTrois-Rivièresconformeconformenon conformenon conforme
CANBTLamentinconformeconformeconformeconforme
CANBTSainte-Rosenon conformenon conformenon conformenon conforme
CAPEXBaie-Mahaultconformenon conformeconformeconforme
 CAPEXJarrynon conformenon conformenon conformenon conforme
CCMGFolle Ansenon conformenon conformenon conformenon conforme
SIAEAGAnse Bertrandnon conformeconformenon conformeconforme
SIAEAGGoyaveconformenon conformenon conformenon conforme
 SIAEAGLe Gosiernon conformenon conformenon conformenon conforme
SIAEAGLe Moulenon conformeconformeconformeconforme
 SIAEAGMorne-à-l’Eauconformeconformeconformeconforme
 SIAEAGPetit-Bourgnon conformenon conformenon conformenon conforme
 SIAEAGPort-Louisnon conformenon conformeconformenon conforme
 SIAEAGSainte-Anneconformenon conformenon conformenon conforme
 SIAEAGSaint-Françoisconformeconformenon conformenon conforme
Évolution des conformités locales globales des stations de traitement des eaux usées ≥ 2000 EH entre 2017 et 2020 (source : DEAL)

Cette situation très dégradée et instable est due, selon les cas, à des ouvrages de traitement hors service, à une exploitation défaillante, à des incidents ponctuels ou à la vétusté de certains ouvrages. Ces dysfonctionnements ont des conséquences néfastes et particulièrement alarmantes sur l’état environnemental des eaux littorales (une des causes principales supposée de la dégradation des récifs coralliens) et sur la qualité des eaux de baignade de bord de mer.

Lire l’article sur l’autosurveillance des stations de plus de 2 000 EH

Indice de connaissance et de gestion patrimoniale des réseaux

L’indice de connaissance et de gestion patrimoniale des réseaux de collecte et des branchements des eaux usées est un indicateur noté sur 120 points. Il permet d’évaluer le niveau de connaissance du réseau et de ses branchements ainsi que l’existence d’une politique de renouvellement pluriannuelle du service d’assainissement collectif.

La carte suivante présente la valeur de cet indice sur les différents territoires de Guadeloupe :

Indice de connaissance et de gestion patrimoniale des réseaux de collecte des eaux usées en 2020 (source : SISPEA)

Par rapport à l’année 2019, on relève une nette progression de la valeur de l’indice sur les territoires de la CCMG (+ 33 points), de CAPEX (+ 17 points) ainsi que sur Bouillante / Vieux-Habitants (+ 11 points).

La moyenne de cet indicateur en 2020 (sur les territoires qui disposaient de l’information) est de 47 points, et progresse ainsi de 9 points par rapport à l’année précédente. Pour information, la moyenne de cet indicateur au niveau national était de 63 points en 2020 (dernier rapport annuel SISPEA). L’étude de cartographie des infrastructures d’eau potable et d’assainissement, qui a été pilotée par l’Office de l’Eau, devrait permettre de continuer à améliorer significativement la valeur de l’indice de connaissance patrimoniale des réseaux de collecte des eaux usées de 2021.

État des réseaux de collecte

Les réseaux de collecte les plus anciens de Guadeloupe sont, dans leur grande majorité, en mauvais état. De fait, ils récupèrent d’importantes quantités d’eaux claires parasites (eaux de nappe, eaux marines ou eaux de pluie). Les eaux usées qui arrivent aux stations de traitement sont alors fortement diluées, ce qui engendre des problèmes pour le traitement, augmente les coûts d’exploitation et peut aboutir à la construction d’ouvrages neufs surdimensionnés et donc plus chers à entretenir.

D’autre part, les volumes d’eau transitant dans les réseaux, augmentés des volumes d’eaux claires parasites, peuvent dépasser la capacité hydraulique des ouvrages existants. Cela peut occasionner des dysfonctionnements et/ou des rejets directs dans le milieu naturel, qui peuvent eux-mêmes engendrer des problèmes environnementaux et sanitaires.

Par conséquent, un effort particulier doit être fait sur la recherche des eaux claires parasites et la réhabilitation des réseaux de collecte.