État des eaux douces de surface
En Guadeloupe, 47 masses d’eau cours d’eau et 1 masse d’eau plan d’eau ont été définies.
Les règles d’évaluation de ces masses d’eau sont définies dans l’arrêté ministériel du 9 octobre 2023 modifiant l’arrêté du 25 janvier 2010 relatif aux méthodes et critères d’évaluation de l’état écologique, de l’état chimique et du potentiel écologique des eaux de surface pris en application des article R. 212-10, R. 212-11 et R. 212-18 du code de l’environnement.
L’évaluation de l’état de ces masses d’eau a été actualisée lors du dernier état des lieux de 2025. Elle a été réalisée conformément au guide technique relatif à l’évaluation de l’état des eaux de surface continentales, édité par le ministère de la Transition Écologique et Solidaire (MTES) en octobre 2023.
Système d’évaluation des masses d’eau cours d’eau
L’état d’une masse d’eau cours d’eau est déterminé par deux éléments principaux :
- un état écologique
- un état chimique

1 Le classement des masses d’eau par rapport au paramètre « chlordécone » est réalisé d’un point de vue environnemental et non en fonction des normes sanitaires en vigueur sur l’eau destinée à la consommation humaine.
2 La Guadeloupe ne dispose pas encore d’indicateurs et de valeurs sueils pertinents pour pouvoir caractériser au mieux l’hydromorphologie.
3 La liste est établie à l’échelle européenne et n’est donc pas spécifique à la Guadeloupe. De ce fait, de nombreuses substances utilisées localement ne rentrent pas dans l’évaluation de l’état chimique.
État écologique
Il correspond à la qualité de la structure et du fonctionnement des écosystèmes aquatiques. Il s’établit sur la base d’un écart à des « conditions de référence » (conditions représentatives en l’absence ou la quasi-absence de perturbations liées à l’activité humaine). Il est déterminé à partir de l’évaluation de différents éléments de qualité :
- des éléments de qualité biologiques
- des éléments de qualité physico-chimiques, qui interviennent essentiellement comme facteurs explicatifs des conditions biologiques
- des polluants spécifiques de l’état écologique (substances déversées en quantités significatives dans un bassin hydrographique), qui sont susceptibles d’influencer le fonctionnement des écosystèmes (de manière complémentaire aux molécules suivies pour l’état chimique)
- des éléments de qualité hydromorphologiques, qui influencent le fonctionnement des écosystèmes aquatiques. Ces éléments ont moins d’incidence sur les calculs que les autres éléments de qualité. Ils servent uniquement à confirmer le très bon état écologique d’une masse d’eau.
Une matrice d’agrégation entre ces différents états fournit ensuite l’état écologique selon la règle dite du paramètre le plus déclassant.
Pour définir l’état écologique, chaque masse d’eau est ainsi classée dans l’une des 5 classes suivantes :

État chimique
Il est déterminé par mesure de la concentration de 53 substances polluantes (ou familles de substances) présentes dans l’eau et au regard du respect des normes de qualité environnementale (NQE), par le biais de valeurs seuils. Cette liste comprend des métaux lourds, des pesticides et des substances d’usage industriel.
L’état chimique est défini par l’une des 2 classes de qualité suivantes :

Synthèse de l’état des masses d’eau cours d’eau




Au final, les résultats de l’EDL 2025 montrent que 85 % des MECE sont conformes à l’objectif de bon état chimique, mais queseulement 15 % des MECE sont conformes à l’objectif de bon état écologique.
Analyse des déclassements de l’état des MECE
L’état d’une masse d’eau peut être déclassé par un ou plusieurs éléments.
L’analyse des déclassements a été réalisée sur les 38 MECE dont l’état a été évalué directement à partir des campagnes de surveillance (et non déduites à partir de résultats de modélisation ou d’extrapolation).
Pour l’état écologique, les éléments principaux causant le déclassement des MECE sont :
- des éléments de qualité biologiques (indicateurs macro-invertébrés et/ou diatomées) pour 25 MECE (les pressions anthropiques telles que l’usage de pesticides en agriculture, les prélèvements d’eau ou l’assainissement non collectif pourraient bien être à l’origine de ces dégradation d’état biologique car les indicateurs utilisés sont sensibles à ces pressions)
- des éléments de qualité relatifs aux polluants spécifiques de l’état écologique (PSEE, chlordécone et/ou cuivre*) pour 24 MECE
- des éléments de qualité physico-chimique généraux (nutriments et/ou oxygène dissous) pour 3 MECE
*La présence de fortes teneurs en cuivre dans les eaux naturelles du sud de la Basse-Terre pourrait être due à une influence géothermale.
Pour l’état chimique, les éléments causant le déclassement des MECE sont:
- l’hexachlorocyclohexane (HCH, insecticide historique utilisé dans les bananeraies avant la chlordécone) pour 5 MECE
- la cyperméthrine (insecticide) pour 2 MECE
- les pesticides cyclodiènes (pesticides historiques qui étaient utilisés comme insecticides) pour 1 MECE
- le fluoranthène (hydrocarbure aromatique polycyclique – HAP) pour 1 MECE
Système d’évaluation de la masse d’eau plan d’eau
Le plan d’eau de Gaschet est classé comme masse d’eau artificielle selon la typologie DCE. Il n’est donc pas évalué selon un « état écologique », mais selon un « potentiel écologique », conformément aux articles de la Directive 2000/60/CE et à l’arrêté ministériel du 9 octobre 2023 modifiant l’arrêté du 25 janvier 2010 relatif aux méthodes et critères d’évaluation de l’état écologique, de l’état chimique et du potentiel écologique des eaux de surface pris en application des article R. 212-10, R. 212-11 et R. 212-18 du code de l’environnement.
Cette distinction est essentielle car elle détermine :
- les objectifs environnementaux applicables à la masse d’eau (atteinte du « bon potentiel » et non du « bon état »)
- les paramètres à suivre (réduits et adaptés à la nature artificielle ou fortement modifiée de la masse d’eau)
- les modalités d’évaluation, notamment l’identification des altérations non restaurables liées à l’usage de la retenue (production d’eau potable, régulation hydraulique, etc.)
L’évaluation de l’état chimique repose quant à elle sur la surveillance de 53 substances prioritaires :
- 42 substances dans l’eau (suivies pour leurs NQE_MA et NQE_CMA)
- 11 substances dans le biote
Cependant, dans le cadre de l’évaluation de la retenue de Gaschet pour l’EDL 2025, il a été décidé de ne pas prendre en compte les données mesurées sur le biote à cause de l’absence d’une méthodologie règlementairement reconnue et standardisée. De plus, certaines substances ubiquistes n’ont pas pu être évaluées faute de données disponibles ou d’absence de NQE définie par la réglementation.
Synthèse de l’état de la masse d’eau plan d’eau


L’EDL 2025 juge le potentiel écologique du plan d’eau de Gaschet comme « moyen », déclassé par les éléments physico-chimiques (transparence et nutriments) et par la chlordécone (PSEE synthétique).
Quant à l’évaluation de l’état chimique, elle indique un état globalement bon, bien que potentiellement déclassé par un élément non pris en compte (biote). La masse d’eau plan d’eau reste vulnérable, notamment vis-à-vis des polluants ubiquistes persistants (fluoranthène, benzo(a)pyrène, mercure).
Pour plus d’informations, vous pouvez consulter le rapport de l’état des lieux 2025 en cliquant ici.