La gestion de l’eau

Gestion et préservation de la ressource en eau

La préservation de la ressource en eau (et des écosystèmes aquatiques qui en dépendent) constitue un enjeu capital en Guadeloupe. Ainsi, l’exploitation de l’eau pour répondre aux besoins de la population doit s’inscrire dans le cadre d’une gestion durable, résiliente et équilibrée de la ressource.

Lire l’article sur le 4ème programme pluriannuel d’interventions 2025-2030 de l’Office de l’Eau

L’exploitation de la ressource en eau superficielle constitue une pression significative pour les milieux aquatiques. Il est donc indispensable d’assurer, en fonction de la ressource disponible, un équilibre entre les besoins anthropiques et ceux des écosystèmes. Pour cela, un débit minimal doit être maintenu dans les rivières, de manière à garantir le maintien de la vie, de la circulation et de la reproduction des espèces y vivant.

Lire l’article sur le lancement de l’étude sur le fonctionnement hydrologique des marais de Port-Louis

Une exploitation raisonnée des nappes d’eau souterraine est également essentielle. Un équilibre quantitatif doit être assuré en tenant compte de la capacité de renouvellement (ou recharge) de la ressource. Si les ressources superficielles et souterraines sont interconnectées (cas des nappes accompagnant les cours d’eau par exemple), le débit minimum dans les rivières doit être préservé. Il faut enfin prendre en compte le risque d’intrusion saline (entrée d’eau de mer dans les nappes d’eau souterraine) sur tout le pourtour de l’archipel. En effet, des prélèvements excessifs et/ou situés trop proches de la côte pourraient entraîner une intrusion d’eau de mer dans les nappes, ce qui compromettrait l’usage de la ressource de manière quasi irréversible.

La figure suivante illustre ce phénomène sur un forage en bordure littorale.

Représentation du phénomène d’intrusion saline (source : Office de l’Eau, d’après Eaufrance)

Lire l’article sur la salinisation des captages en Grande-Terre et à Marie-Galante

Réglementation sur les captages

Les prélèvements dans le milieu naturel sont encadrés par la réglementation. Ainsi, tout prélèvement risquant d’avoir un impact sur la ressource en eau et sur les milieux aquatiques doit préalablement être, suivant son importance, déclaré ou autorisé au titre du code de l’environnement. L’instruction des dossiers est réalisée par la Direction de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement (DEAL) et les autorisations sont accordées par arrêté préfectoral.

Lorsque les prélèvements sont destinés à l’alimentation en eau potable (AEP), les captages doivent également être autorisés au titre du code de la santé publique. L’instruction des dossiers est réalisée par l’Agence Régionale de Santé (ARS) et les autorisations sont également accordées par arrêté préfectoral. La protection de la ressource en eau doit alors être assurée par la mise en place de périmètres de protection des captages (PPC). Leur but est de préserver la qualité des eaux captées, en limitant et réglementant les activités pouvant présenter un risque de dégradation de la qualité de l’eau.

Ces périmètres correspondent à un zonage établi autour des points de captage d’eau, et décliné en trois niveaux de protection :

  • le périmètre de protection immédiate : périmètre autour du captage, acquis en pleine propriété, sur lequel seules les activités liées au service eau potable sont autorisées. Il s’étend généralement sur un rayon de quelques dizaines de mètres autour du point de captage ;
  • le périmètre de protection rapprochée : secteur plus vaste sur lequel toute activité susceptible de provoquer une pollution peut être interdite ou soumise à des prescriptions particulières. Il couvre généralement une dizaine d’hectares autour et en amont hydraulique de l’ouvrage ;
  • le périmètre de protection éloignée : périmètre facultatif pouvant correspondre au bassin d’alimentation du captage, au sein duquel les activités humaines les plus polluantes peuvent être réglementées.
Les différents périmètres de protection applicables autour d’un captage d’eau potable (source : Eaufrance)

La mise en place des PPC relève de la responsabilité des autorités organisatrices en charge de la production d’eau potable. L’instruction des dossiers est réalisée conjointement à l’autorisation des captages au titre du code de la santé publique. Les PPC sont rendus officiels par un arrêté préfectoral de déclaration d’utilité publique et doivent être annexés aux Plans Locaux d’Urbanismes (PLU).

Au 31 décembre 2023, seuls 39 % des captages d’eau potable de Guadeloupe disposaient d’une autorisation d’exploitation et d’une délimitation des PPC (la mise en œuvre et le suivi des mesures de protection restent cependant à conforter, voire à mettre en place). Ces captages prélèvent 75 % du volume d’eau destiné à l’AEP.

Statut réglementaire des captages destinés à l’alimentation en eau potable au 31 décembre 2023 (sources : DEAL, ARS et Office de l’Eau)

Les démarches de régularisation administrative des captages d’eau potable exploités par le SMGEAG ont été initiées en 2023 et visent à régulariser 32 points de prélèvement (23 captages en rivière ou de source et 9 forages) ainsi qu’une unité de production d’eau potable. Elles doivent également conduire à l’abandon de 2 captages impactés par l’intrusion saline dans le nord Grande-Terre (forages de Pelletan à Port-Louis et de Charopin à Petit-Canal) et de 2 captages contaminés par des pesticides organochlorés dans le sud Basse-Terre (sources de Gommier et de Soldat à Trois-Rivières).

Lire l’article sur la régularisation administrative des captages d’eau potable de Guadeloupe