L’assainissement collectif
Après usage, l’eau devient une « eau usée », c’est-à-dire une eau non potable riche en matières organiques. Pour pouvoir être rejetées dans le milieu naturel sans provoquer de pollution ni de désordre sanitaire, les eaux usées doivent être préalablement collectées et traitées. C’est ce qu’on appelle l’assainissement.
Cet assainissement peut être de deux types : collectif ou non collectif. On parle d’assainissement collectif (AC) quand les eaux usées des foyers rejoignent un réseau public de collecte et sont acheminées vers une station de traitement des eaux usées, où elles sont traitées avant rejet dans le milieu naturel.
Dans tous les autres cas, on parle d’assainissement non collectif (ANC). Sous ce terme on regroupe :
- l’assainissement individuel des habitations non raccordées à un réseau de collecte, qui doivent disposer de leur propre système de traitement des eaux usées à la parcelle ;
- l’assainissement non collectif groupé, avec des ministations et des réseaux de collecte privés, qui peuvent notamment équiper des résidences ou des lotissements.

En moyenne, 44 % des guadeloupéens vivent au sein d’une zone raccordée à un système d’assainissement collectif.

► Lire l’article sur le lancement des schémas directeurs du SMGEAG ◄
L’assainissement collectif
Les systèmes d’assainissement des eaux usées sont caractérisés par leur capacité épuratoire, appelée capacité nominale, qui correspond aux débits et aux charges d’effluents à traiter pour une utilisation maximum de l’installation. Elle est évaluée en équivalents-habitants (EH), qui est une unité de mesure se basant sur la quantité de pollution émise par une personne en un jour.
Les infrastructures AC
Le tableau suivant présente une synthèse par territoire de gestion des principales infrastructures d’assainissement collectif.

Conformité réglementaire des systèmes d’assainissement des eaux usées
Chaque année, la conformité des principales stations de traitement des eaux usées est examinée par la DEAL, qui assure la police de l’eau en la matière. Les systèmes sont classés non conformes s’ils ne respectent pas la réglementation nationale ou les prescriptions de leur autorisation préfectorale.
La conformité globale des systèmes d’assainissement comprend à la fois :
- la conformité en équipement, qui permet d’évaluer la conformité des équipements épuratoires des stations au regard des dispositions réglementaires ;
- la conformité en performance, qui permet d’évaluer les performances épuratoires des stations, à partir des données d’autosurveillance des exploitants et au regard des exigences réglementaires. À noter que l’absence ou l’insuffisance de mesures de surveillance par l’exploitant est considérée comme une cause de non-conformité ;
- la conformité de la collecte, qui permet d’évaluer le système de collecte des eaux usées par temps sec ainsi qu’en temps de pluie.
En Guadeloupe, les systèmes d’assainissement des eaux usées sont répartis sur tout le territoire. Parmi ceux-ci, 18 ont une capacité nominale supérieure ou égale à 2 000 EH.



En Guadeloupe, les systèmes d’assainissement collectifs sont répartis sur tout le territoire. Parmi ceux-ci, 18 ont une capacité nominale supérieure ou égale à 2 000 EH.
La carte ci-dessous présente l’état de conformité globale des systèmes de traitement des eaux usées d’une capacité ≥ 2 000 EH à la fin de l’année 2023 :

Pour l’année 2023, on relève une légère diminution du nombre de systèmes d’assainissement ≥ 2 000 EH en conformité réglementaire.
Par rapport à l’année précédente, 2 d’entre eux sont devenus non-conformes :
- Trois-Rivières, où les pompes des postes de relevage en entrée de la station étaient hors service durant 3 mois ;
- Port-Louis, où la station est surdimensionnée et est à réhabiliter.
Un système a quant à lui été mis en conformité, celui de Folle Anse à Marie-Galante, par la mise en place d’une filière boues provisoire (en attendant l’achèvement des travaux débutés fin 2025).
Ainsi, en 2023, 61 % des systèmes d’assainissement ≥ 2 000 EH sont en non-conformité réglementaire. Ce pourcentage était de 56 % en 2022.

► Lire l’article sur la formation sur l’autosurveillance de stations d’épuration ◄
Indice de connaissance et de gestion patrimoniale des réseaux de collecte des eaux usées
L’indice de connaissance et de gestion patrimoniale des réseaux de collecte et des branchements des eaux usées est un indicateur noté sur 120 points. Il permet d’évaluer le niveau de connaissance du réseau et de ses branchements ainsi que l’existence d’une politique de renouvellement pluriannuelle du service d’assainissement collectif.
La carte suivante présente la valeur de cet indice en 2023 sur les différents territoires de gestion de Guadeloupe :

Par rapport à l’année 2022, on ne relève pas d’évolution de la valeur de l’indice sur les différents territoires de gestion.
Pour information, l’historique des valeurs d’indice sur le territoire en gestion directe du SMGEAG a été rectifié pour les années 2021 et 2022, en passant de 30 à 15 points. La note est fortement impactée par le manque de connaissance sur l’âge des canalisations d’eaux usées, donnée qui fait principalement défaut. Le SMGEAG s’est fixé pour objectif d’améliorer la connaissance globale des dates de pose de ses réseaux afin de permettre d’améliorer la valeur de cet indice.
La moyenne de l’indicateur sur l’ensemble du territoire reste stabilisée à 22 points. Pour information, la moyenne au niveau national sur cette même année est évaluée à 71 points (rapport SISPEA 2023).