Les prélèvements

Prélèvements et usages de l’eau

En 2023, 105,1 millions de mètres cubes (Mm3) d’eau ont été déclarés prélevés à l’échelle de la Guadeloupe (pour rappel, 1 mètre cube équivaut à 1 000 litres). Ces prélèvements sont rattachés à différents usages de l’eau, qui se répartissent de la manière suivante :

Répartition des prélèvements d’eau par usage en 2023 (source : Office de l’Eau)

Les prélèvements utilisés pour la production d’énergie renouvelable n’ont pas été pris en compte. Il en est de même pour les prélèvements dits « sauvages », qui ne seraient pas à négliger, mais qui sont aujourd’hui encore difficiles à estimer.

À l’échelle communale, la répartition de ces prélèvements se présente de la manière suivante :

Répartition des prélèvements d’eau par usage et par commune en 2023 (source : Office de l’Eau)

La figure suivante présente l’évolution des prélèvements effectués depuis 2014 sur l’ensemble du territoire pour les différents usages de l’eau :

Évolution des prélèvements d’eau par usage entre 2014 et 2023 (source : Office de l’Eau)

L’historique des prélèvements dans le milieu naturel se décline en 3 phases.

Entre 2014 et 2021, on observe une augmentation nette et continue du volume d’eau prélevé dans le milieu naturel (de l’ordre de 2 % par an jusqu’en 2018, avant d’atteindre progressivement les 5 – 6 % entre 2019 et 2021). Cette augmentation était la conséquence de deux phénomènes :

  • une augmentation des prélèvements pour la production d’eau potable, pour laquelle des volumes d’eau supplémentaires étaient prélevés pour tenter de compenser les pertes d’un réseau de distribution défaillant ;
  • une augmentation des prélèvements pour l’irrigation,sur les années sèches qui se sont succédées de 2018 à 2021.

Entre 2021 et 2022, le volume prélevé dans le milieu naturel atteint un plateau et se stabilise à 110 Mm3. Les prélèvements pour l’irrigation ont été réduits mais ceux pour l’AEP ont continué d’augmenter.

En 2023, pour la première fois depuis le début du suivi en 2014, on observe unrecul des prélèvements dans le milieu naturel : – 4,8 Mm3 par rapport à 2022 (soit – 4 %). Dans le détail, on relève ainsi :

  • une diminution de 4,8 Mm3 des prélèvements pour l’irrigation, en lien notamment avec une amélioration du rendement du réseau d’eau brute du Conseil Départemental (+ 5,4 points par rapport à 2022), sur une année plus humide que les précédentes ;
  • une baisse de 0,5 Mm3 des volumes prélevés pour l’AEP. Cette diminution pourrait être le résultat des travaux menés ces dernières années sur les infrastructures d’eau potable (réparation de fuites, renouvellement de canalisations, …) et pourrait amorcer une trajectoire à la baisse des prélèvements pour l’AEP sur les années à venir.

Lire l’article sur les dispositifs de récupération d’eau de pluie

Lire l’article sur la réhabilitation de mares à Marie-Galante

Lire l’article sur les prélèvements opérés par le Conseil Départemental de Guadeloupe

Prélèvements pour l’alimentation en eau potable (AEP)

89,2 Mm3 ont été prélevés en 2023 pour la production d’eau potable. La ressource en eau superficielle est considérablement mise à contribution. Les eaux de surface proviennent exclusivement de la Basse-Terre, où les prélèvements sont complétés par des eaux de source. En Grande-Terre et à Marie-Galante, seules des eaux souterraines sont captées.

Origine superficielle (ESU) ou souterraine (ESO) des volumes d’eau prélevés pour l’AEP en 2023 (source : Office de l’Eau)

Du fait de l’abondance de sa ressource en eau directement disponible (rivières et sources), les eaux de la Basse-Terre sont donc très largement mobilisées.

Provenance des volumes d’eau prélevés pour l’AEP en 2023 (source : Office de l’Eau)

La majorité de l’eau destinée à l’AEP est prélevée sur la côte-au-vent (considérée comme le château d’eau de la Guadeloupe), notamment à Petit-Bourg et à Capesterre-Belle-Eau. Cette eau sert à alimenter une grande partie du territoire guadeloupéen (allant des Saintes jusqu’à la Désirade), via d’importantes infrastructures de transfert d’eau potable (les feeders). Ces infrastructures sont complétées par d’importantes conduites d’adduction d’eau brute du SMGEAG et du Conseil Départemental (CD), qui viennent alimenter des unités de production d’eau potable (UPEP) distantes des points de captage.

Volumes prélevés pour l’AEP à l’échelle communale en 2023 et localisation des grandes infrastructures de transfert d’eau (source : Office de l’Eau)

Le Conseil Départemental apporte un soutien important à la production d’eau potable. Sur le volume total prélevé pour l’AEP en Guadeloupe (89,2 Mm3), la part que représentent les prélèvements effectués par le Conseil Départemental pour cet usage s’élève à 29,3 % en 2023. Ces derniers sont utilisés pour alimenter en eau brute :

  • 4 UPEP gérées en gestion directe par le SMGEAG (24,0 Mm3 en 2023) : Perrin (Les Abymes), Belin (Port-Louis), Deshauteurs (Sainte-Anne) et Desvarieux (Le Moule) ;
  • 1 UPEP gérée par Eaux’Nodis – puis par Saur Guadeloupe au 1er juillet 2024 suite au changement de délégataire – (2,1 Mm3 en 2023) : Prise d’Eau (Petit-Bourg).

Sur Baillif, l’Association Syndicale d’Irrigation de Saint-Louis (ASISL) fournit également de l’eau brute au SMGEAG en gestion directe (2,8 Mm3 en 2023) pour l’alimentation de 2 UPEP : Saint-Louis (Baillif) et Beauvallon (Saint-Claude).

Répartition des volumes d’eau prélevés pour l’AEP par les différentes entités en 2023 (source : Office de l’Eau)
Prélèvements d’eau destinés à l’alimentation en eau potable (AEP) en 2023 (source : Office de l’Eau)

Lire l’article sur les prélèvements pour l’AEP du territoire en gestion directe du SMGEAG

La figure suivante présente l’évolution des prélèvements pour l’AEP à l’échelle communale entre 2022 et 2023, ainsi que la localisation des infrastructures en lien avec les variations constatées (commentées ci-après).

Évolution des volumes prélevés pour l’AEP à l’échelle communale entre 2022 et 2023 (source : Office de l’Eau)

En 2023, on relève une baisse importante des volumes prélevés pour l’AEP sur la commune de Petit-Bourg,qui se fait en lien avec une augmentation sur les communes de Goyave et de Capesterre-Belle-Eau. Il s’agit en fait d’un rééquilibrage par rapport à 2022 des volumes prélevés pour l’alimentation des feeders. Pour rappel, cette dernière avait été bouleversée en 2022 par le passage de la tempête Fiona qui avait entraîné des casses sur certaines infrastructures d’adduction d’eau. Le Conseil Départemental avait alors augmenté ses prélèvements sur Petit-Bourg pour le compte du SMGEAG afin de compenser les déficits.

Les prélèvements sur Petit-Bourg (36,7 Mm3) ont ainsi diminués de 3,0 Mm3 en 2023par rapport à l’année antérieure. Cette baisse est opérée quasi-exclusivement sur la prise d’eau de Grande Rivière à Goyave (gérée par le Conseil Départemental).

À l’inverse, à Goyave, le volume prélevé pour l’AEP en 2023 sur le captage de Moreau (7,5 Mm3) a augmenté de 1,2 Mm3.

S’agissant des captages présents sur la commune de Capesterre-Belle-Eau, seuls les prélèvements réalisés par le SMGEAG sur les sources captées de Belle-Eau-Cadeau (8,9 Mm3) ont vu leur volume augmenter (+ 1,4 Mm3).

Sur la commune de Saint-Claude, les volumes prélevés sur les captages de Morne Houel (3,0 Mm3) sont en baisse de 0,3 Mm3 en 2023. Les prélèvements réalisés sur le captage de Saint-Louis (1,9 Mm3 hors AEP de Baillif) ont quant à eux diminué de 0,4 Mm3.

Sur Vieux-Habitants, on constate une augmentation des prélèvements de 0,3 Mm3 pour atteindre en 2023 un volume prélevé de 1,2 Mm3 (+ 0,2 Mm3 sur le captage de Montrepos du Plessis et + 0,1 Mm3 sur celui de Beaugendre).

Enfin, à Petit-Canal, les prélèvements sur le forage de Perrin (0,6 Mm3) ont augmenté de 0,2 Mm3.

Lire l’article sur la recherche de nouvelles ressources en eau sur l’île de Basse-Terre

Lire l’article sur la caractérisation des sources hors AEP utilisées par la population