Actualisation du Schéma Directeur d’Alimentation en Eau Potable de la CCMG

L’actualisation du Schéma Directeur d’Alimentation en Eau Potable (SDAEP) de la CCMG a été lancée mi-janvier 2024. Elle permettra d’améliorer la performance des réseaux et de programmer les travaux d’entretien, d’amélioration et d’extension des réseaux. Cette étude est prévue sur une durée totale de 14 mois, durée pendant laquelle les travaux déjà engagés par la CCMG se poursuivront (rénovation des réservoirs, extensions du réseau).

Les objectifs de cette étude sont les suivants :

  • Disposer d’un plan des réseaux exhaustif à jour et conforme ;
  • Améliorer les rendements des réseaux (recherche de fuites, renouvellement de canalisations…) ;
  • Améliorer les performances des réseaux notamment la maîtrise des dépôts calcaires ;
  • Réhabilitation des systèmes de stockage vétustes (visite des ouvrages et diagnostic…) ;
  • Connaître les périmètres non desservis par les infrastructures de défense extérieure contre l’incendie ;
  • Proposer un programme de travaux réaliste techniquement et financièrement.

L’étude, menée par le groupement Egis – Oteis, s’articule en 4 phases successives :

Phasage de l’actualisation du SDAEP de la CCMG (source : CCMG)

Les premiers résultats ont été présentés en mai 2025. Les principales conclusions sont exposées par phase ci-après.

Phase 1 : Acquisition des données, pré-diagnostic

Les audits réalisés sur les forages ont montré que le génie civil et les équipements sont acceptables (seulement quelques reprises à faire sur certains ouvrages).

Pour ce qui est des réservoirs, le génie civil ainsi que les équipements hydrauliques sont à reprendre en urgence sur Balisier, sur Morne Constant et les Sources. Ces réservoirs sont aujourd’hui en cours de réhabilitation, les travaux ayant débuté en juillet 2025.

Unités de distribution et installations AEP de la CCMG (sources : Oteis, Egis)

Concernant les réseaux, la connaissance patrimoniale sur les dates de pose est à améliorer (critère essentiel pour le renouvellement des réseaux). En ce sens, le système d’information géographique de l’exploitant Karuker’ô a été mis à jour en avril 2025.

Une mauvaise classification des abonnés a été relevé par l’étude ainsi qu’un manque d’information précise sur les usages agricoles.Sur ce dernier point, une réunion de travail avec la Chambre d’Agriculture et l’Office de l’Eau a été organisée en mars 2025 et une étude ciblée sur ces usages a été préconisée.

Concernant la Défense Extérieure Contre l’Incendie (DECI), l’étude la juge fragile avec de nombreux points d’eau incendie (PEI) indisponibles ou inutilisables et 55% des PEI avec des débits inférieurs au débit recommandé pour gérer un risque courant faible (30 m³/h). Pour cette compétence DECI, un schéma directeur devra être réalisé avec une mise en place d’un programme de renouvellement des PEI.

L’importance de la poursuite des recherches de fuites est mise en évidence parle bilan besoin-ressource ainsi que par l’analyse des indicateurs de réseaux (mauvais rendement sur les unités de distribution (UDI) de Morne Constant et de Balisier, qui sont également celles à risque en période de pointe avec des bilans légèrement déficitaires). Les réservoirs ont quant à eux une bonne autonomie au regard de la demande en eau actuelle.

Phase 2 : Investigations complémentaires

Différentes campagnes de mesures ont été réalisées entre fin février et mi-mars 2025 dans le but de réaliser un diagnostic hydraulique des réseaux par zone d’alimentation :

  • mesures de débits et de pressions à l’intérieur des conduites ;
  • mesures de variations de niveau d’eau dans les réservoirs (marnage).
Classification des indices linéaires de perte calculés sur les zones d’alimentation de la CCMG (sources : Oteis, Egis)

Une modélisation hydraulique du fonctionnement actuel des installations a par la suite été réalisée avec les objectifs principaux suivants :

  • vérifier la capacité de transfert d’eau face aux besoins (consommations, fuites, défense incendie) ;
  • identifier les faiblesses et les dysfonctionnements ;
  • simuler des scénarios d’aménagement futur.

Les résultats mettent en évidence des temps de séjour convenables car inférieurs à 72h. Les secteurs problématiques sont les extrémités du réseau (les fins d’antennes) à cause de faibles consommations. Les réseaux sont globalement bien dimensionnés, avec peu de pertes de charge et les pressions sont majoritairement satisfaisantes. Une pression forte est cependant observée sur la partie nord de Saint-Louis. Cette dernière est liée à un réducteur de pression défaillant en bas du Morne Piton, qui sera prochainement remplacé.

Phase 3 : Prospective et programmation

En ce qui concerne la disponibilité future de la ressource en eau, 2 scenarii prospectifs seront analysés dans le SDAEP :

  • scenario 1 : évolution de la ressource sans influence du changement climatique (forages non impactés par une avancée du biseau salé dans la nappe phréatique ou par des modifications de la répartition interannuelle des pluies) ;
  • scenario 2 : évolution de la ressource avec influence du changement climatique (- 30 % sur les forages « Les Sources » et – 10 % sur les autres forages impactés par une avancée du biseau salé dans la nappe phréatique).

Une modélisation hydrogéologique, qui sera réalisée par le BRGM fin 2025 – début 2026, devrait permettre de statuer plus précisément sur les modalités de prélèvements futurs.

Pour ce qui est de l’estimation des besoins futurs en eau, 6 scenarii prospectifs seront testés. Ils seront construits à partir des hypothèses suivantes :

  • une hausse des consommations de 120 m3/j (population future considérée comme stable mais une légère hausse de la consommation liée à l’activité touristique ou au report de consommations agricoles sur le réseau AEP) ;
  • des taux variables de raccordement des habitations non desservies ;
  • une amélioration plus ou moins marquée des performances du réseau, en lien avec les prévisions fixées dans le contrat avec le délégataire.

Avec ces hypothèses, les rendements estimés à l’horizon 2050 sont établis entre 71 et 76 % suivant le scenario choisi (rendements réalistes pour 2050 et cohérents avec le contrat de délégation).

Phase 4 : Schéma de distribution

Le schéma de distribution a été réalisé en lien avec les plans locaux d’urbanismes (PLU) sur les communes de Capesterre-de-Marie-Galante et de Saint-Louis et suite à des échanges avec le service urbanisme de la commune de Grand-Bourg.

Ce schéma permet d’identifier 3 types de zones :

  • les zones desservies par le réseau AEP ;
  • les zones à desservir par le réseau AEP ;
  • les zones qui resteront non desservies et sur lesquelles la mise en place de bornes fontaines sera étudiée.